Le CORRIDOR est une maison de création et de recherche pour les arts vivants, implantée à Liège depuis sa création en 2004, sous la direction artistique de Dominique Roodthooft avec Patrick Corillon comme artiste associé.
La démarche artistique de ces deux artistes est axée sur les principes suivants :
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Dépasser les postulats binaires qui opposent culture savante et culture populaire
S’orienter vers la recherche fondamentale autant que vers la recherche appliquée
S’éloigner de la tyrannie de la réalité, se détacher de l’urgence et s’arrêter pour penser et, ainsi, mettre en perspective notre époque
Réhabiliter le langage poétique et philosophique comme force politique et outil de participation à la transformation du monde
Décloisonner les disciplines
Raconter de nouvelles histoires qui restaurent la puissance et l’engagement au travers de propos existentiels et philosophiques, universels à la condition humaine
Fabriquer des spectacles qui provoquent l’étonnement tant par la forme que par les contre-pieds utilisés
Sortir de l’anthropocentrisme qui oppose les mondes et s’ouvrir aux autres modes d’existences
Encourager des situations d’intelligence collective
Être garant d’un espace ouvert et sécurisant pour toutes les minorités
Le corridor cherche à diffuser ses projets auprès d’un public varié en élargissant les lieux de représentation à d’autres sphères que celle du théâtre : musées, bibliothèques, espaces publics, médiathèques, centres d’art, marchés locaux, etc.
Le corridor, en tant que compagnie de théâtre pour adultes bénéficie du soutien :
De la Fédération Wallonie-Bruxelles depuis 2008 via des subventions pluriannuelles (contrat-programme).
De la Wallonie (aides à l’emploi) depuis 2007
De la Province de Liège depuis 2010
De Wallonie Bruxelles-International (aides ponctuelles pour la diffusion internationale de ses projets)
Le corridor héberge sur le plan administratif le travail de l’artiste Isabelle Dumont, créatrice de projets scéniques (conférences-spectacles assorties de cabinets de curiosités, conférences-concerts…).
Pourquoi ce nom « Le CORRIDOR » ?
Éthymologiquement , c’est un lieu d’ouverture vers d’autres espaces et, par extension, un lieu de rencontres et de croisements de gens, de disciplines et d’autres formes d’art.
C’est aussi un lieu de passage et de transmission réciproque : les deux artistes ont un peu plus de 60 ans et sont souvent en lien avec de plus jeunes artistes qu’ils impliquent dans leurs projets et avec qui ils cherchent à encourager une réciprocité d’échanges de savoirs et d’expériences.
C’est enfin un lieu où l’on peut séjourner, dormir (le corps y dort) : le corridor offre à d’autres artistes, créateur·ices, dans le cadre de résidences, des espaces de vie, de travail et de liberté, laissant place à l’imprévu, au coup de cœur, à l’urgence et aux balbutiements. Ces accueils placent les artistes dans un contexte propice à la recherche en dehors de toute pression et d’obligation de résultat.
Le lieu
le corridor : un lieu de recherche et de rencontres en devenir
« Ma vie n’est qu’une illusion, dit la taupe au ver. Tout ce que j’aimerais bien tenir contre moi m’échappe des mains. Tu ne peux pas comprendre parce que tu n’as pas de bras ; mais tu vois, chez nous les taupes, c’est comme si nos bras avaient été placés à l’envers. Dès qu’on veut s’emparer de quoi que ce soit, nos mains l’écartent sur le côté. En même temps, c’est ce mouvement-là qui nous fait avancer. On avance à la recherche de quelque chose qu’on ne pourra jamais obtenir. »
Poursuivant sa lecture, le petit tas d’os eut l’heureuse surprise de tomber sur une analyse développant les liens entre les aigles et les restes de leurs repas. Les aigles royaux peuvent contempler un temps infini les os de ceux qu’ils viennent de manger. Peut-être que cette forme de méditation leur permet de côtoyer en toute sérénité la mort qui rôde en permanence autour d’eux. « La mort, encore la mort ! Qu’est-ce que c’est que cette chose qui fascine tout le monde à part moi ? » s’exaspérait le tas d’os.
Le public qui se rend au corridor se retrouve dans un esprit d’aventure, va à la rencontre de « l’esprit du lieu », parce qu’il sait que dans cet endroit seront proposées des expériences variées et singulières : un spectacle en extérieur ou en intérieur, une soirée de témoignage ou de rencontre avec un·e créateur·ice ou des artistes résident·es, des jeux narratifs, des films d’animation produits au corridor, des visites guidées, des conférences performées…
Le public (adultes comme enfants) formera en quelque sorte une « classe d’expérience » dont le moteur sera la curiosité au sein d’un laboratoire d’idées
En ce sens, l’expression « arts et essais » pourrait convenir afin de désacraliser la notion « d’œuvre en soi », conçue pour être « consommée » par un public avant d’être remplacée par une autre. Les créations des deux artistes (Dominique Roodthooft et Patrick Corillon) sont imaginées comme des courroies d’entraînement, des engrenages, liés à d’autres artistes, d’autres institutions, d’autres partenaires qui vont permettre le plus professionnellement possible (c’est-à-dire avec le plus de rigueur, de responsabilité, mais également d’esprit d’aventure) des essais de nouvelles formes, de nouvelles narrations, de nouvelles collaborations. Les résidences, les accueils de stagiaires, les périodes de créations sont des moments de partage privilégiés. Le public pourra également prendre part à ce « laboratoire commun » au cours duquel le droit à l’erreur, mais aussi à la réussite reste envisageable à tout moment. L’art est vivant parce qu’il est en train de se faire, parce qu’il cherche à redécouvrir d’anciennes façons d’être au monde et à inventer de nouvelles manières d’y adhérer.
Le CORRIDOR ASBL - Siège social : Rue Vivegnis 411, 4000 Liège – Belgique - Tel : +32 4 227 77 92 Numéro d’entreprise : 0441 711 868 – RPM Liège info@lecorridor.be - www.lecorridor.be Banque : BE66 7925 8090 3043
Spectacle déambulatoire « L’arbre à clous » prend racine dans une très ancienne tradition wallonne qui veut que, pour se libérer d’un mal affectant notre corps, on frotte la tête d’un clou à l’endroit de la douleur, puis on plante ce clou dans un arbre particulier sensé prendre la douleur en lui, nous libérant ainsi de notre souffrance. Délibérément axé sur nos inquiétudes contemporaines (mais qui peuvent remonter à très loin), « L’arbre à clous » cherche des formes artistiques et politiques insoupçonnées qui nous aident à prendre soin de soi, des autres, de la Nature.
Mixture
Ces soirées sont des « spectacles sociétaux » qui embrassent un sujet touchant directement le « vivre-ensemble » et l’abordent sous toutes les coutures (informatives, poétiques, musicales, psychologiques, imaginatives, philosophiques et politiques). Parmi les thématiques proposées : « Le nombre », « L’invisible », « Le vent », « Le chaud et le froid », « Le poids », « Les feuilles », « La mémoire et l’oubli ». Les thèmes sont volontairement ouverts à de nombreuses interprétations pour donner à chacun.e des intervenant.e.s la possibilité d’incarner en toute liberté son propre point de vue.
L'Éponge et l'Huître
« Que faire des crasses qui nous traversent ? » À partir de la métaphore de l’éponge et de l’huître (qui, en réalité, sont toutes deux des animaux filtrants), différent.e.s créateur.rice.s ont été sollicité.e.s pour interroger et activer artistiquement ce concept de filtrage : « À quoi fait-on attention, que choisit-on de garder, d’éliminer ou d’ignorer dans ce qui nous traverse ? » « Suis-je plutôt un filet de pêche qui ne capture que ce qui lui convient, une station d’épuration qui bloque ce qui ne lui convient pas ou un filtre qui laisse passer les flux tout en tentant de les infléchir vers ce qui favorise la vie ? »
Patua Nou
Les patua (conteurs originaires du Bengale) peignent eux-mêmes des rouleaux sur lesquels ils illustrent des témoignages, des contes ou des poésies qu’ils racontent sous forme mélodique en suivant du doigt la progression du récit. « Patua Nou » transpose ce principe de récit imagé pour créer de nouvelles histoires en lien avec l’exil au sens large. S’éloigner de l’actualité directe ne veut pas dire fuir le réel mais s’y confronter avec un regard bienveillant, questionneur, éloigné de la peur ou de la souffrance qui empêche de penser. L’exil comme mouvement vital et universel vers l’ailleurs.
Cocon
Lieu nécessaire à la métamorphose : Cocon !, c’est l’abri d’une promesse, l’expérience du devenir autre, le lieu d’incubation de tous les possibles. Une célébration de la transformation et du lien. Les œuvres et la vie de Judith Scott, artiste d’art brut devenue célèbre, sont à l’origine de la réflexion autour de Cocon ! Au centre, la question de l’abandon et du rejet des minorités, des êtres « inappropriés » tels que l’était Judith Scott, trisomique, sourde et muette, longuement éloignée de sa soeur jumelle dès l’âge de sept ans. Cocon ! se présente comme un laboratoire de recherche sur ce que génère l’histoire de Judith Scott.
Thinker's Corner
Allusion au Speaker's Corner de Londres, « Thinker's Corner » est une expérience d'art vivant et de savoir partagé dans l'espace public. De jeunes acteur.ice.s professionnel.le.s, placé.e.s derrière des stands de démonstrateur, prennent en charge et relayent la parole de penseur.euse.s et intellectuel.le.s de la société civile, citoyen.ne.s du monde, poètes, artistes. Les paroles choisies s'orientent vers différentes questions qui nourrissent un principe fondamental : celui de ne pas renoncer à l'espérance, de construire collectivement un « mieux » commun sans faire l'impasse sur la complexité.
Smatch
Les jardins qui embellissent notre Eden mortel sont la meilleure justification qui soit de la présence des humains sur terre. Là où l'histoire déclenche ses forces destructrices et d'anéantissement, il nous faut pour préserver notre santé mentale, sans parler de notre humanité, travailler contre elles et malgré elles rechercher les forces apaisantes et réparatrices et les laisser se développer en nous. C'est cela cultiver notre jardin. Sous la plume de Voltaire, l'adjectif possessif notre désigne le monde que nous partageons. Un monde pluriel prenant les formes que lui donne l'action humaine. En somme "notre jardin", n'est pas le lieu d'intérêts privés où chacun pourrait s'échapper du réel; "notre jardin" c'est ce lopin de terre inscrit dans un sol, en soi ou dans le collectif, où l'on cultive les vertus culturelles, éthiques et civiques qui sauvent la réalité de ses pires pulsions.»
"Robert Harrison : Forêts — Réflexions sur la condition humaine." Editions Champs/Flammarion
Dominique Roodthooft est actrice, metteure en scène et directrice artistique de la maison de création pour les arts vivants le Corridor à Liège.
Son travail, relève d’une écriture de plateau ou de montage de textes non théâtraux. Grâce à son premier métier – assistante sociale pendant huit ans dans un centre PMS – et les formations qui l’ont accompagnée, elle participe à une réflexion sur la pédagogie et la manière dont l’organisation ou l’institution peut transformer l’homme.
Depuis 2009, son travail artistique relève du gai-savoir et met en lien philosophes, cinéastes, plasticien·ne·s, citoyen·ne·s, poètes, sociologues, militant·e·s pour développer un même thème en composant avec chacune des individualités et leurs ressources créatives. L’équipe une fois constituée opère joyeusement des croisements entre les savoirs scientifiques (les savants) et les savoirs vécus (les sachants).
Ses créations qui donnent lieu à des formes variées ont notamment été présentées au Kunstenfestivaldesarts, au Festival d’Avignon (dans le cadre de la 25e Heure et dans le OFF : les Doms), au Théâtre de la Bastille, au festival Les Tombées de la Nuit, etc.… En 2020, elle crée L’éponge & l’huître, une visite guidée-spectacle, parmi des œuvres produites (graphiques, cinématographiques ou audiophoniques) par 26 créateur·rice·s qui activent la question des filtres et ce que l’on fait des crasses qui nous traversent.
Il vit et travaille à Liège et à Paris Représenté par la Galerie In Situ — fabienne leclerc (Paris) Il a suivi l’Institut des Hautes Études en Arts plastiques à Paris. (1989-90). Prix de la Jeune peinture belge (Palais des Beaux-Arts de Bruxelles) en 1988 Prix Pilar Juncosa et Sotheby's à Palma de Majorque en 2012
En 2010-2011, il a été artiste professeur invité à l’école du Fresnoy. Il a exposé à la Documenta IX en 1992, à la Biennale de Sao-Paulo en 1994, de Lyon en 1995, de Sydney en 2002 et de Bruxelles en 2008, Nuit Blanche à Paris en 2012, la Triennale de Folkestone en 2021.
Au cours de ses Vies en soi, Patrick Corillon puise dans sa propre enfance et mêle des éléments autobiographiques à la fiction. Si chaque récit explore un thème spécifique, tous parlent de quête d’identité. Il y est question de voyages – réels et intérieurs –, de rencontres, d’errances d’une ville à l’autre.
Dans l’amitié de mes genoux propose une expérience intime et sensorielle qui a pour but de plonger les spectateurs dans une histoire dont ils deviennent les acteurs.
Comme une invitation au mariage de l’art vivant et des arts plastiques, Tout un monde propose des moments de rencontre inédits autour d’objets (sculptures, peintures, dessins animés) et d’histoires racontées.
Chacun vit dans la compagnie de quelqu’un d’autre. Ce quelqu’un existe vraiment ; il se trouve à notre exact opposé sur la terre. C’est notre contrepoids. Si nous allons dans un sens, il va dans l’autre. Nous nous maintenons en équilibre. Parfois c’est nous qui menons, parce que nos intentions sont plus fortes que les siennes, parfois c’est lui. Nous le ressentons comme une ombre, et lui doit nous voir aussi comme cela. Mais nous sommes tous les deux réels. C’est la personne qui nous est la plus proche, et c’est la seule que nous ne pourrons jamais rencontrer.